Pour notre deuxième Café Croissants Collab’, nous sommes revenus sur la Journée Shaker,un événement réalisé spécialement pour le « Laboratoire des coopérations », un collectif régional animé par la CRESS Auvergne. L’objectif de cette journée : contribuer collectivement à faire avancer les projets d’entreprenariat social et créer une communauté de contributeurs à l’échelle de la Région autour d’idées innovantes.

Petit rappel du concept

Cet événement a permis à 20 porteurs de projet de bénéficier de l’aide de nombreuses personnes expertes, expérimentées, volontaires, passionnées… En début de journée, ils disposaient de quelques minutes pour présenter leur idée et susciter l’intérêt des participants. Il devaient réussir à convaincre et à mobiliser une équipe pour travailler à leurs côtés et les aider à relever un défi identifié au préalable. Tout au long de la journée, les différents contributeurs apportaient leurs conseils, leur point de vue et leur expertise sur le sujet.

Les conditions de réussite

Un certain nombre de conditions doivent être réunies pour permettre la réussite d’une telle démarche :

  • une densité de personnes, de compétences, de projets et d’idées pour une participation active
  • une diversité d’acteurs pour sortir des cercles habituels et ouvrir les perspectives
  • la clarté des intentions pour permettre aux porteurs de projets comme aux contributeurs de se sentir à leur place, de bénéficier et de faire bénéficier de la démarche
  • des règles du jeu claires, des espaces de liberté et une structure simple
  • convivialité, absence de stress, humour, bien être, relations positives pour profiter de la richesse des échanges et des dons

A travers cet événement, il s’agissait de lever les barrières, de permettre aux idées de circuler et de créer un environnement stimulant pour favoriser l’émergence, de montrer ce qui est possible quand on accepte la complexité et la diversité. « Quand on développe un projet, on peut facilement aller chercher l’avis d’un expert mais avoir tout un environnement à son service, c’est autre chose. », a précisé Christopher Schoch de Cultures Trafic.

Casser les codes

Pour la CRESS Auvergne, il s’agissait d’offrir un format qui puisse rassembler l’ensemble des porteurs de projets et les accompagner, dans leur développement économique, en créant un espace plus collaboratif et collectif. Même si Cultures Trafic avait carte blanche sur l’organisation de cette journée, la CRESS a été tenue informée tout au long du processus de conception. Un ingrédient indispensable pour entretenir la confiance et coller à ses attentes, comme l’explique la directrice, Lise Lalanne : « Cette journée a permis de casser les codes. Parfois, on se contente de se présenter par rapport à sa fonction. Là, les participants étaient considérés en tant que personnes humaines. »

Confronter son projet à d’autres points de vue

Julien Douzal, créateur de Fusta, est venu apporter son témoignage en tant que porteur de projet : « Je voulais confronter ma vision de chef d’entreprise à des personnes de l’extérieur, voir si ma manière de présenter les choses était la bonne et si des gens pouvaient croire au projet. » Expérience positive pour Julien qui aurait tout de même apprécié de rencontrer plus de chefs d’entreprise ou de profils d’entrepreneurs pendant la journée.

Pour Pierre-Julien Canone, secrétaire général de l’IADT, « ce n’était pas plus mal qu’il n’y ait pas trop de business men. Ca permettait des approches plus sensibles. » Invité en tant que contributeur, il ajoute : « Je doutais de pouvoir apporter quelque chose mais je me suis quand même lancé. J’ai été bluffé par l’énergie dégagée en 1h30 d’atelier. Ca pouvait partir dans tous les sens mais c’était très riche. Et on en ressort en se disant qu’on a pu aider. »

Axes d’amélioration

Ce Café Croissants Collab’ nous a également permis d’identifier les aspects de la journée qui pourraient être pensés différemment. Ainsi, la préparation des porteurs de projet en amont est apparue comme cruciale :  un projet peu clair suscite difficilement l’adhésion et une idée fragile peut facilement être déstabilisé lors d’une telle journée. Par ailleurs, le troisième tour « libre », permettant à chacun de proposer une idée ou un thème à explorer n’a pas vraiment convaincu. De même, la possibilité pour les contributeurs de donner des « coups de pouce » aux porteurs de projet n’a pas été pleinement exploité. Autant d’éléments à améliorer pour la prochaine journée Shaker qui, nous l’espérons, aura lieu très prochainement.